MBA

Executive MBA : la réflexion stratégique en action

Enseignement pragmatique et international, l’Executive MBA est destiné aux cadres à fort potentiel. Il s’inscrit souvent dans un projet commun à l’entreprise et au salarié.

Par Christel Lambolez

L’Executive MBA est destiné aux hauts potentiels qui doivent appréhender l’ensemble des fonctions de l’entreprise dans un contexte international. Pour y prétendre, il faut déjà posséder une expérience professionnelle significative, généralement de 5 à 10 ans. L’initiative vient souvent du cadre, appelé à de hautes fonctions et qui sent qu’il a besoin d’approfondir ses connaissances, mais également de l’entreprise qui envisage de lui confier des missions stratégiques, de gérer des affaires internationales, de piloter le changement ou encore de stimuler l’innovation au sein des équipes.
Afin que le cadre ne se coupe pas de son entreprise et continue à assumer ses fonctions, l’Executive MBA s’effectue à temps partiel.
Nombre de candidats continuent à assurer des postes de direction pendant le déroulement du programme. Les cours sont généralement assurés en fin de semaine et le soir ou sont concentrés sur quelques semaines dans l’année. Des sessions d’été et des voyages d’étude à l’étranger viennent les compléter.
Plusieurs formules sont possibles pour répondre aux exigences professionnelles des cadres. Le programme couvre en général 18 à 24 mois. Les cours fondamentaux sont consacrés à la gestion comptable et financière, la théorie des organisations, l’environnement économique des affaires, le droit des sociétés ou encore le management et les ressources humaines. Le développement personnel est aussi abordé pour aider l’individu à accroître son potentiel.



Retour sur investissement

Afin d’être plus pragmatique, la formation fait une large part à la conduite de projet. Les participants sont amenés à plancher sur une des problématiques de leur entreprise. Ainsi les cours théoriques sont mis en œuvre dans la pratique. Les enseignements sont suivis pour approfondir les connaissances, pour progresser et trouver des solutions mais ils laissent les participants trouver leurs propres solutions en équipes. Les enseignants ont pour rôle de coacher l’« étudiant ».
Souvent le projet est défini en étroite collaboration avec l’employeur de ce dernier. En effet, l’entreprise qui investit sur son cadre cherche un retour sur investissement le plus rapidement possible. Parfois, elle finance 100 % de la formation. La plupart du temps, l’employeur prend à sa charge 75 % de la formation et le reste est autofinancé par le candidat qui souvent fait appel à un prêt bancaire. L’entreprise y voit un intérêt dans la formation de son cadre : elle bénéficie de conseils d’experts en management, venus de tous horizons puisque les promotions sont multiculturelles, sans pour autant mobiliser des ressources internes.
Les disciplines enseignées, telles que le management, la fiscalité ou encore les ressources humaines, font l’objet d’un audit appliqué à l’entreprise. Le cadre a généralement cinq mois pour réaliser son mémoire de fin de cursus en relation avec la fonction qu’il occupe ou qu’il va bientôt occuper.

L’international

Outre les cours dispensés en anglais, les participants au programme Executive MBA suivent des séminaires européens ou internationaux, qui traitent une thématique spécifique du management. Parfois ce sont une vingtaine de séminaires qui sont proposés pour le même cursus. Ceux-ci se déroulent sous forme d’études de cas mais peuvent prendre aussi la forme de jeux de rôles ou de simulations.
Les participants sont également envoyés en stage à l’étranger. La confrontation à l’international permet d’améliorer les pratiques de gestion. En effet, la valeur ajoutée d’un Executive MBA est la rencontre de participants de tous horizons ayant une expérience en entreprise d’un certain niveau.

Un emploi du temps chargé

Afin d’abattre tout le travail et acquérir une approche managériale globale, le cadre doit s’en donner les moyens et donc… s’activer. Pour cela, la mise en place d’une organisation hors pair est requise.
Côté familial et personnel tout d’abord, il faut que l’entourage comprenne les priorités du moment et, si le cadre est en couple, que le conjoint pallie le manque de présence et d’attention de ce dernier, surtout lorsque des enfants sont à charge. La décision de suivre une telle formation est donc prise à deux car l’engagement est contraignant.
D’ailleurs, lors des entretiens de sélection, le corps professoral insiste bien sur le fait que le MBA représente un lourd investissement en temps et en disponibilité mentale.
Du point de vue professionnel, le cadre doit avoir derrière lui une équipe solide qui l’approuve et l’accompagne dans son projet. Il doit avoir dans son équipe des personnes sur lesquelles il peut compter et leur déléguer certaines de ses responsabilités. Des réunions régulières avec eux permettent de continuer à contrôler la situation.
Pour mener son projet à bien, le cadre doit également rechercher le soutien de sa hiérarchie. La démotivation et le découragement ont vite fait d’envahir le cadre qui doit passer son temps à se justifier auprès de ses supérieurs de n’avoir pas les ressources suffisantes pour pouvoir tout assumer. Il faut que, dans tous les esprits, l’executive MBA, qui enrichira à terme le management de l’entreprise, devienne un projet collectif

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