L’ADH forme les spécialistes du droit international lié aux conflits armés

Interview de Pauline Cernaix, coordinatrice des programmes à l’Académie de droit international humanitaire et de droits humains de Genève.
"Avoir une formation première en droit et maîtriser l’anglais ou le français sont les deux conditions pour postuler à notre programme de master. La décision se fait ensuite sur dossier."

Pouvez-vous nous décrire un peu l’Académie ?

L’académie de droit international humanitaire et de droit humain forme des futurs professionnels du droit international spécialisés dans les situations de conflits armés.
Elle est rattachée à la Faculté de droit de l’Université de Genève ainsi qu’à l’Institut universitaire des hautes études internationales et du développement, ce sont en quelque sorte nos « institutions mères ». Notre diplôme de Master est donc officiellement décerné par les deux structures et cela lui confère une crédibilité et une reconnaissance importante à travers le monde.

En quoi consiste ce master et quel est le contenu de son enseignement ?



Notre leitmotiv à travers ce master unique en son genre est d’améliorer la capacité des futurs professionnels à pouvoir protéger juridiquement les victimes d’un conflit armé, qu’elles soient isolées ou en communauté. Avoir une formation complète en droit et maîtriser l’anglais ou le français sont les deux conditions pour postuler à notre programme de master. La décision se fait ensuite sur dossier.
Je dirais que la grande force de notre diplôme est de combiner cinq disciplines de droit international, inhérentes aux situations d’urgence : le droit international du recours à la force, le droit international humanitaire, les droits humains, le droit des réfugiés et le droit international pénal. Ainsi, nous proposons une vision transversale des questions juridiques dans un contexte de guerre."

Comment se manifeste le caractère international de votre master ?

Notre Master compte deux programmes : l’un en français, l’autre en anglais. Comme souvent dans les écoles internationales nos étudiants viennent de tous les continents. Ils sont entre 70 et 80 par promotion pour plus de 30 nationalités ! C’est déjà un bel exemple de mixité et d’environnement international.
Ensuite, nous avons l’honneur de compter parmi notre corps enseignant des professeurs originaires d’universités de renom comme Oxford, Galway, Florence ou Panthéon-Assas à Paris. Et puis comme vous le diront aussi les écoles de la ville, nous avons la chance d’être situé à Genève qui est une ville cosmopolite et le berceau de l’humanitaire et des droits humains internationaux avec la présence du Haut Commissariat pour les réfugiés ou du Comité International de la Croix Rouge. Il n’est d’ailleurs pas rare que certains professionnels de renom, de passage à Genève, accepte nos invitations pour venir à l’académie tenir des conférences à nos étudiants, c’est un vrai avantage !

Le droit est une matière très théorique, quelle est la part de pratique associée à ce master ?

Le droit lié aux conflits armés est un métier qui s’apprend beaucoup sur le terrain. En ce sens, nous avons souhaité que notre formation s’appuie sur deux bases complémentaires. La première, une formation académique très complète et transversale, véritable socle de connaissances pour nos étudiants. La seconde, à l’allure plus professionnalisante et pratique. Concrètement, cela se traduit par des cas pratiques, souvent organisés dans les locaux de la Croix Rouge, ou du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme, par souci de réalisme ! Ceci permet également à nos étudiants de créer de premiers liens avec les professionnels des ces organisations et de préparer leur entrée dans la vie professionnelle.

Quels sont les enjeux d’un tel diplôme quant aux situations conflictuelles dans le monde ?

"Cette formation est primordiale : il y a 15 ans, il n’existait pas vraiment de droit International pénal. Aujourd’hui, beaucoup de points se sont éclaircis, les modes de recours sont plus nombreux, le cadre juridique se renforce peu à peu et la protection des victimes s’améliore. Nous allons dans le sens de ce progrès en essayant de former le mieux possible les futurs professionnels de cette branche".

Propos recueillis par Thomas Roffé

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