Un job en Irlande

Les jeunes qui viennent en Irlande viennent y travailler. Le service emploi-formation au sein du consulat a malheureusement fermé en 2005 et seuls quelques conseils peuvent encore être glanés sur le site de l’ambassade.

L’Irlande jouit aujourd’hui d’une situation de plein emploi. Cela veut dire qu’il est relativement facile de trouver du travail dans tous les domaines. Qualifié ou non, les emplois sont disponibles et l’embauche, passée l’interview obligatoire, est instantanée. Si l’entretien a lieu un jeudi on débute généralement le lundi suivant. Les Irlandais se reposent beaucoup sur la personnalité du candidat et son entretien dans les métiers de service tels la restauration. Mais afin de passer l’interview il est évident qu’un bon niveau d’anglais devient la condition sine qua non d’une embauche rapide. Les jeunes non qualifiés qui arrivaient encore à trouver un travail il y a quelques années ont maintenant beaucoup de problèmes face à la concurrence des jeunes des pays de l’Est dont le niveau d’anglais est supérieur. Le premier point a retenir pour réussir est d’arriver en Irlande avec un niveau d’anglais correct et donc de préparer son départ par une mise à niveau linguistique.

Pour les jeunes qualifiés le conseil est le même parce que l’on note que malheureusement, à Bac + 4 nos jeunes ne passent pas le seuil de l’entretien. A diplôme égal l’employeur va favoriser un jeune qui sera opérationnel immédiatement sans avoir recours à des cours intensifs de langue. La mobilité pendant les études donne un avantage très sérieux à ceux qui en font le choix.



L’employeur irlandais demande de la flexibilité. Il n’y a souvent aucun contrat signé. Celui-ci se scelle par une poignée de mains. Un mois de préavis sera donné si l’emploi devait cesser et en général la période d’essai est d’un an. La notion de stage n’existe pas et tout travail est rémunéré avec un salaire minimum de 8,30 euros de l’heure. Le SMIC est passé à 1 500 euros en juillet 2007. La semaine travaillée est de 40 heures auxquelles s’ajoutent souvent des heures supplémentaires.
Comme il n’existe pas de prud’homme le salarié n’est pas aussi protégé qu’en France mais en cas d’abus il est possible de faire appel au Labour Court , tribunal qui tranchent des conflits professionnels. Les syndicats sont aussi très puissants et nous avons vu récemment le cas de travailleurs turcs qui étaient exploités par une compagnie de construction irlandaise faire la une des medias irlandais. Ceux-ci ont obtenu gain de cause. Enfin il n’existe aucun des soutiens financiers comme les tickets restaurant ou les cartes de transport.

L’employé, en revanche, peut indiquer qu’il quittera son emploi si son salaire n’est pas aligné à celui d’un concurrent et obtenir ainsi une augmentation si son employeur est content de lui et désire le garder. On observe que les salaires peuvent ainsi augmenter voire doubler sur une période de 5 ans. D’après le directeur général (Laurent Girard-Claudon) du cabinet de recrutement Approach people il existe encore aujourd’hui un chômage négatif dans les domaines de la finance, de la vente et de l’informatique. Les employés sont alors en position forte pour négocier leurs salaires. En dehors de ces domaines il ne faut cependant pas mettre la barre trop haute au risque de n’avoir aucune offre. Laurent ajoute que les grandes écoles ou écoles d’ingénieurs ont tendance à surévaluer le salaire de départ afin de rendre leurs cursus plus attractifs.
Résultat les jeunes postulants ne trouvent rien parce qu’ils demandent trop. Quand on sait que les augmentations de salaire seront rapides on peut se permettre d’être moins ambitieux pour démarrer. Ce qui peut apparaître comme de l’exploitation n’est qu’une courte phase. Si cela devait durer plus que ne le veut l’employé celui-ci peut partir pour autre chose. C’est l’avantage principal du plein emploi. Ni l’employeur ni l’employé ne se trouvent prisonnier de leur sort.

L’Irlande devient de plus en plus une société de la connaissance et la demande pour les gens qualifiés augmente. C’est une société optimiste et prête à prendre des risques. Elle sait cependant que son économie est très dépendante de la situation internationale et notamment de la bonne santé de l’économie américaine. Cette fragilité la force à investir largement dans la recherche et l’innovation afin de se garantir une place dans l’avenir si le marché mondial venait à basculer.

Les entrepreneurs peuvent facilement monter leur société grâce à une administration assez légère. L’obstacle majeur que rencontrera l’entrepreneur qui débute est le prix exorbitant des loyers et des matières premières en général. Le taux de croissance de 5 % et plus qu’a connu l’Irlande depuis près de 10 ans s’accompagne d’une spéculation immobilière sans précédent qui place maintenant Dublin devant Londres et Paris pour le prix du mètre carré. Si lancer son entreprise est facile les profits initiaux ne sont pas toujours garantis.

En Irlande, la vie sociale qui se concentre sur les rencontres au pub allonge la journée de travail par de longues heures le vendredi soir. Les collègues ne s’invitent pas chez eux mais se retrouvent facilement dans des lieux publics comme les pubs et les restaurants. Beaucoup de jeunes arrivent seuls et trouvent là un bon moyen de s’insérer dans la vie sociale irlandaise. C’est aussi une façon de trouver un meilleur logement car la demande étant toujours supérieure à l’offre la colocation est la norme. Elle permet de réduire le prix du loyer car il faut compter en moyenne 1 400 euros pour 70 m2 au centre ville.

Merci à Hélène Conway, conseillère AFE, chef du département des langues du DIT

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